Adeline Roussel présente à Paris, rue Jacob, les bijoux qu'elle façonne en Inde.
Brassage entre l'orient et l'occident, l'art et l'artisanat, mais aussi le masculin et le féminin.
Des bijoux forts qui font le dos rond sur des cabochons, de topaze, d'améthyste, d'aigue marine opaque... On devine en la rencontrant qu'elle vient de poser ses bagages : elle en a tiré un trench et une chemise d'homme, poignets relevés sur un enchainement de bracelets, un sautoir en topaze fumé dont les maillons sont retenus par des attaches d'or, une bague cabochon. L'allure d'une voyageuse qui est descendue à quai pour fumer une cigarette... Pas une aventurière, une voyageuse.

Adeline se partage entre Paris et Jaïpur.
A Paris : les bonnes tables, les terrasses des cafés, les bords de la Seine, les galeries d'art, les antiquaires, les musées et des moments précieux avec son fils.
En Inde : l'immensité des déserts, les palais en ruine, les turbans, les saris, l'intensité des couleurs aussi rouge que le soleil couchant.

On retrouve tout cela dans ses collections, mélange d'ethnique et de contemporain élégant.
De ces allers-retours continuels, Adeline a su faire un mode de vie. Elle s'impose une transhumance dont la régularité emprunte son rythme aux nomades.
Trois fois par an, elle remonte à cette source d'inspiration que représente pour elle la matière. Adeline ne s'en connaît pas d'autre : l'or 22 k travaillé à la main, enveloppant quartz rose, cornaline, calcédoine, grenat, rubis, tourmaline...
Elle s'immerge dans son antre pour une période de deux mois. Elle oublie tout. Elle modèle, elle modifie, elle affine, elle peaufine, elle assemble, forme, déforme, transforme... reprend tout à zéro. Jusqu'à ce que le déclic se produise. Elle aime que des pièces soient uniques ou en séries très limitées. Même ses chaînes sont tressées à la main en tirant un fil d'or qu'on tord sur lui-même...
Elle préfère laisser parler la poésie qui se dégage naturellement des gemmes. Une poésie qui s'accorde à l'esprit de la Rive Gauche.